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« Futures of love » une exposition sur l’amour pour les derniers romantiques.

Futures of love, une exposition à voir jusqu’au 20 octobre 2019, tout près de l’arrêt du métro Église de Pantin (ligne 5), dans l’ancienne friche industrielle des Magasins Généraux.

Un grand bravo pour cette exposition rondement bien organisée par l’agence de communication BETC. Un sujet fort, un lieu immense, des performances, trois résidences d’artistes et des conférences riches d’invités, tout cela avec une entrée 100% gratuite. Cette exposition doit, j’en suis sûre, faire saliver plus d’un commissaire.

Cartographiées en 8 chapitres, les quelques dizaines d’œuvres s’opposent et se confèrent au sein d’espaces aux problématiques définies. Toutes ces propisitions permettent de multiples ouvertures face à cette houleuse question du futur de l’amour. Un sujet amusant sans être vain…

Perdu entre l’image forte de nos grands-parents mariés depuis toujours et à jamais et la « société actuelle » nous, petits êtres bouleversés face à toutes ces contradictions, sommes totalement en droit de se poser la question ! Et le fait d’avoir plus d’une quarantaine d’artistes pour tenter d’y répondre est proportionné tant la réalité du sujet est complexe.

Pour lire la suite, plus bas…

Gauche : Ben Elliot, The Stalker
Camille Henrot
Jimmy Beauquesne
Amalia Ulman
Ed Fornieles, The Truth Table Experience

L’exposition commence par ce que l’on attend d’elle. Des femmes sur des ordinateurs qui vous parlent, du sex cam, des cam-girls, des stalkers, des rapports intimes ultra-névrosés conduisant à une solitude pesante et irréversible. Oui, il y a tout ça. Il y a même des humains/lapins en forme de sims qui se frottent les uns contre les autres et puis qui meurent. (Natalia Alfutova, Rabbit.

La présence des technologies, applications et IA est un point d’ancrage nécessaire pour aborder consciencieusement cette problématique. Fatalement, une positivité très modérée des rapports que les gens entretiendront les uns avec les autres s’en dégage. Les trois premiers chapitres (Computed love, Virtual Love, Self-Obsessed Love, Robotic Love) sont tels que l’on s’attendait, un peu cracra, un peu dark et peu reluisants. (Toutes les photos ci-dessus). On parle des significations des œuvres, et pas des œuvres elles-mêmes bien sûr. 

Pierre Pauze, Please Love Party
Anna Underberg
Wong Ping, Jungle of desire

Puis accompagnée de ses nombreuses vidéos, l’expo nous amène doucement vers une exploration de formes amoureuses plus complexes, et révèle une question plus ultime sur la nature même de l’amour. Est-ce un objet, une onde, une représentation ? On va alors observer des comportements amoureux, jusqu’à ceux de plantes et d’animaux.

La narration de l’expo nous invite à questionner les constructions sociales et stigmatisations qu’impliquent/qu’imposent l’amour. Ici, se confirme la présence de l’étendue de formes amoureuses jusqu’alors peu représentées. Les œuvres des derniers chapitres (Chemical Love, Fluid Love, Hypernatural Love, Infinite Love) nous racontent davantage de la patiente, de la douceur et de la sensualité… Futures of love passe alors d’une dystopie malsaine à une mutation indispensable de l’amour, aussi bien dans sa définition que dans son empirisme. Un sentiment prenant qui, à égal de la société, a besoin de se renouveler et d’évoluer vers des expériences fondamentalement plus simples, essentialistes, inclusives et émancipées.

 » Futures of love est un voyage pour imaginer et vivre – au fil d’un été sans fin – l’amour au futur ; un amour libre, durable et infini, dont on désirerait embrasser sans crainte les lèvres d’avenir. Une deuxième saison pour continuer de bâtir avec les Magasins Généraux un centre de création engagé, généraux, inclusif en phase avec son temps. » Extrait du texte dAnna Labouze et Keimis Henni.

Pierre Molinier
Tal Regev
Smith
Nick & Chloé, Slow Set

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